Interview d’André JACQUART
Ancien Professeur de Mathématiques à l’IUFM de Douai
Auteur des Ateliers Repérage spatial 1 & 2

Tout au long de l'école maternelle, les élèves apprennent à se déplacer dans l'espace de l'école et dans son environnement immédiat (le quartier, la ville ou le village), et à prendre des repères spatiaux. Les activités de repérage spatial couvrent presque tous les domaines d'apprentissage : la motricité, le langage, la socialisation, la découverte du monde. Comment passer de l'espace « vécu et exploré » à l'espace « représenté » ? Quelles activités spécifiques peut-on mettre en place dans la classe pour favoriser le passage à la représentation et à l'abstraction ?

Vous êtes auteur de plusieurs matériels et jeux pédagogiques, notamment les Ateliers Repérage spatial 1 & 2. Quels types d'activités et quels supports proposez-vous dans ces deux ateliers pour développer les compétences spatiales des élèves et favoriser le passage à l'abstraction ?

« Les deux ateliers Repérage spatial sont complémentaires. En reproduisant avec le matériel des configurations données sur fiches, les enfants sont amenés à travailler sur les relations spatiales entre objets.
- Dans l'Atelier 1, les constructions sont en ligne, le point de vue est toujours frontal, 1 puis 2 faces des constructions sont visibles.

- Avec l'Atelier 2, le travail se poursuit par des configurations dans un espace à deux dimensions. Le point de vue est plongeant, 1 puis 2 faces sont visibles. »

Les couleurs facilitent le repérage des positions relatives des pièces. Le travail sur l'orientation sera de niveau de difficulté différent selon le point de vue donné (1 ou 2 faces visibles) et la nature de la pièce : les 4 faces identiques du toit de la maison ne posent pas les problèmes d'orientation qui apparaissent avec les pièces « étage » et « rez-de-chaussée » sur les faces desquelles figurent des fenêtres et/ou portes.
Dans un espace de dimension 1 (ligne) ou 2 (plan), c'est donc tout un travail sur la situation, les positions relatives et l'orientation d'objets dans l'espace qui est développé par la mise en relation du réel avec sa représentation.

Quelle place accordez-vous à la verbalisation et à l'acquisition du vocabulaire spatial dans les démarches d'apprentissage ?

« Dans le domaine des connaissances spatiales, peut-être plus que dans tout autre domaine, la verbalisation est essentielle. C'est par les échanges et la confrontation des points de vue que les connaissances vont se construire. Le vocabulaire spatial ne s'acquiert pas par des définitions. Il se découvre, se précise et s'enrichit par la verbalisation des actions, par l'expérience. C'est, par exemple, par des situations multiples, à chaque fois verbalisées, que les enfants vont découvrir qu'au terme « devant » correspond, selon le contexte, un espace très limité (juste devant), une « rangée » (bande) ou encore un espace plus large (demi-plan). »

On entend souvent dire que les connaissances spatiales sont essentielles pour pouvoir construire, à l'école élémentaire, des savoirs comme la géométrie. Pourriez-vous nous apporter un éclairage sur cette question ?

« Des points de vue divergents existent sur la relation entre repérage spatial et géométrie. Certains mathématiciens pensent que peu de liens les réunissent. Il est vrai que l'on se trouve dans deux univers bien différents : le monde physique des objets d'une part, le monde abstrait et très structuré des objets géométriques d'autre part.
Le travail sur les représentations graphiques (photographies essentiellement à l'école maternelle, puis dessin et figures géométriques à l'école élémentaire) peut cependant être considéré comme un pont entre ces deux univers. C'est un passage obligé pour accéder aux représentations mentales sans lesquelles il ne peut y avoir une maîtrise complète des connaissances spatiales et géométriques. Par ailleurs, les capacités d'analyse développées dans le domaine des relations spatiales – notamment dans la mise en relation d'objets réels et de leurs représentations graphiques – seront réinvesties et aideront les enfants dans la perception et l'utilisation des propriétés lors d'un travail sur des figures géométriques simples ou complexes. Par exemple, pour reproduire une figure complexe aux cycles 2 et 3, l'élève devra être en mesure de l'analyser pour identifier les figures simples qui la constituent (carré, triangle...), les relations d'adjacence entre ces figures (sommets ou côtés communs...), les propriétés de certains côtés (longueur, perpendicularité, parallélisme...). »

Découvrez les Ateliers Repérage spatial 1 & 2 :

2 jeux d’empilement et de construction conçus pour des activités progressives de logique de repérage dans l’espace.

À découvrir aussi :

Toporama
Favorise la découverte des premières notions liées à l’organisation et aux positions relatives dans l’espace (devant, derrière, à côté,...).

Tous en place
3 jeux en 1 (loto, dominos, memory) pour développer les capacités d’organisation spatiale et le langage.

Fichier Logico Topologie GS
Un fichier autocorrectif pour des activités de repérage dans l’espace, décodage de déplacements dans un tableau…

Volumes magnétiques
64 pièces à assembler par connexion magnétique pour découvrir les notions de volume et d’espace.